La Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ) et la Fédération du personnel professionnel de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ) réagissent à une lettre de réponse à la motion unanime de l’Assemblée nationale du 26 février 2026 et déposée à l’Assemblée nationale le 11 juin 2026, demandant au gouvernement de mener une enquête nationale sur la violence en milieu scolaire, en se basant sur une définition commune de celle-ci.

Une réalité déjà bien connue des milieux scolaires

Les deux fédérations saluent la volonté du gouvernement de se doter d’un portrait commun et rigoureux de la violence en milieu scolaire. Une meilleure compréhension du phénomène pourra contribuer à orienter les actions à long terme.

Elles rappellent toutefois que les milieux scolaires n’attendent pas les résultats de cette enquête pour constater les effets bien réels de la violence et la pression grandissante qui s’exerce sur les équipes-écoles. Pour elles, l’urgence d’agir est déjà bien présente.

Pendant que les besoins augmentent, les ressources diminuent

La FPSS-CSQ et la FPPE-CSQ contestent l’affirmation voulant que les services aux élèves aient été bonifiés. Sur le terrain, la réalité observée par les équipes-écoles est tout autre : les besoins augmentent, les situations se complexifient et les ressources disponibles ne suffisent plus à répondre adéquatement à la demande.

Selon le tableau de bord du ministère de l’Éducation, le réseau comptait, le 25 août 2025, 2 465 postes de techniciennes et techniciens en éducation spécialisée de moins qu’au 14 mai 2025. De son côté, la FPPE-CSQ a documenté une diminution de 499 postes professionnels dans le réseau scolaire, la plus importante observée depuis 25 ans.

Pour les deux fédérations, il est difficile de concilier ces reculs avec le discours gouvernemental sur le renforcement des services et la lutte contre la violence. Pendant que l’on cherche à mieux documenter le phénomène, les ressources humaines qui permettent de le prévenir et d’accompagner adéquatement et en temps opportun, les élèves continuent, elles, de disparaître.

 L’urgence d’agir est déjà là

Si elles saluent l’initiative gouvernementale, les deux organisations rappellent que les constats sont déjà connus dans les milieux scolaires.

Pour les deux fédérations, les résultats de l’enquête annoncés ne doivent pas servir de prétexte pour retarder la mise en place de mesures concrètes visant à soutenir les élèves et les équipes-écoles. C’est la sécurité des élèves et du personnel qui est en jeu.

« Le personnel de soutien scolaire est en première ligne lorsqu’il est question de violence et de climat de vie dans nos écoles. Les constats sont déjà clairs : les besoins explosent et les équipes sont sous pression. On ne peut pas attendre les résultats d’une enquête pour agir »
affirme Éric Pronovost, président de la FPSS-CSQ.

Nous connaissons déjà les solutions

Les deux fédérations dénoncent le peu d’actions concrètes qui est mis en œuvre sur le terrain. Les gestes de violence préoccupent de plus en plus les milieux, mais les ressources consacrées à la prévention, à l’accompagnement et au soutien ne suivent pas.

Pourtant, les solutions sont connues. Les approches préventives, le travail de collaboration en équipe-école, la présence de ressources spécialisées et des environnements adaptés sont largement documentés. La violence en milieu scolaire est d’abord une réalité humaine qui exige des réponses humaines.

Résultat : les équipes-écoles se retrouvent trop souvent à intervenir lorsque les situations ont déjà dégénéré, plutôt que de pouvoir agir en amont auprès des élèves.

« Que le gouvernement reconnaisse enfin l’ampleur de la violence en milieu scolaire est une bonne chose. Mais cette reconnaissance doit s’accompagner de gestes cohérents. Encore cette semaine, neuf (9) professionnelles et professionnels ont été coupés au Centre de services scolaire (CSS) des Phares, un exemple parmi tant d’autres de compressions qui se multiplient en cette fin d’année scolaire. Les solutions sont connues. Ce qui manque, ce ne sont pas les données, ce sont les ressources humaines et matérielles pour agir. »
soutient Carolane Desmarais, présidente de la FPPE-CSQ.

Passer de la parole aux actes

Pour la FPSS-CSQ et la FPPE-CSQ, l’enquête annoncée doit mener à des gestes concrets. Les deux fédérations appellent le gouvernement à se donner dès maintenant les moyens d’agir en prévention et de soutenir adéquatement les équipes-écoles.

Nous demandons notamment :

  • D’annuler les coupures de postes professionnels et de soutien en services directs à l’élève annoncées pour l’année scolaire 2026-2027;
  • De mettre en place dès maintenant une mesure spécifiquement dédiée à augmenter les ressources qui agissent sur les enjeux de violence;
  • De renforcer immédiatement les équipes dans les écoles;
  • D’améliorer les conditions de travail du personnel scolaire ;
  • D’assurer une présence accrue de ressources professionnelles et de soutien ;
  • D’impliquer davantage le personnel dans l’élaboration des solutions ;
  • De garantir que les résultats de l’enquête mèneront à des actions concrètes et durables.

Les deux fédérations réitèrent leur volonté de collaborer avec le gouvernement afin de mettre en place des solutions durables. Elles rappellent toutefois que les milieux scolaires n’ont pas besoin d’attendre les résultats d’une nouvelle enquête pour savoir qu’ils manquent déjà de ressources. Les solutions sont connues. Il est temps de donner aux écoles les moyens de les mettre en œuvre.