À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la FPPE souligne la contribution essentielle des professionnelles en éducation et les avancées, parfois lentes, toujours nécessaires, vers une plus grande équité salariale.
D’une génération à l’autre, des femmes se sont levées pour réclamer la reconnaissance de leur travail. Ce flambeau, les professionnelles en éducation le portent encore aujourd’hui. Le dossier de l’équité salariale est long et complexe, mais il repose sur une cause profondément noble : reconnaître justement le travail de chacune. Chaque étape franchie, aussi exigeante soit-elle, contribue à bâtir un milieu de travail plus équitable.
Ce chemin demande de la patience, de la persévérance et une volonté collective. Il rappelle surtout que la reconnaissance du travail des femmes n’est pas un privilège : c’est un droit. Malgré les délais, la cause demeure grande, légitime et porteuse d’avenir.
Nous souhaitons profiter de cette occasion pour remercier sincèrement toutes celles qui ont collaboré en remplissant les questionnaires transmis par leurs représentantes syndicales. Votre participation est au cœur de cette démarche.
Le maintien de l’équité salariale : qu’est-ce que c’est ?
La Loi sur l’équité salariale oblige les employeurs, dont le Conseil du trésor (CT), à évaluer périodiquement, tous les cinq ans, le maintien de l’équité salariale au sein de leur organisation. Ce processus vise à s’assurer qu’aucun écart salarial discriminatoire envers les catégories d’emplois à prédominance féminine ne se recrée avec le temps.
Concrètement, le CT doit identifier si des changements ont eu lieu dans les catégories d’emplois durant la période de référence, que ce soit dans leur prédominance ou dans leurs tâches et, le cas échéant, verser des ajustements salariaux en conséquence.
Maintien 2025 : un comité paritaire en action
Le Maintien 2025 constitue la quatrième opération de maintien. Pour faciliter son déroulement et accélérer les discussions, un comité paritaire a été mis sur pied. Les organisations syndicales et le CT ont déjà amorcé leurs rencontres.
Maintien 2020 : des plaintes déposées, une enquête en cours
La période de référence du Maintien 2020 s’étend du 21 décembre 2015 au 20 décembre 2020. Le CT a obtenu un report de la CNESST pour réaliser son affichage, qui était attendu au plus tard le 30 juin 2021. Il ne l’a finalement réalisé que le 20 décembre 2023, soit 30 mois plus tard.
Après analyse, les représentants de la FPPE ont constaté que plusieurs événements n’avaient pas été pris en compte. Des observations ont été transmises au CT à la mi-février 2024. À la suite du deuxième affichage, des plaintes de conformité ont été déposées en mai 2024, suivies d’une période de conciliation jusqu’en décembre 2024. En janvier 2026, les prétentions de la FPPE et de ses syndicats affiliés ont été transmises aux enquêteurs de la CNESST, qui rendra éventuellement sa décision.
Voici les catégories visées par les plaintes :
Plaintes
Évaluation :
- Orthopédagogue
- Psychoéducatrice/agente de réadaptation
- Psychologue/conseillère en rééducation
- CO/CISEP
- Conseillère en formation scolaire
- Orthophoniste/agente de correction du langage et de l’audition
- Bibliothécaire
- Agente de développement
- Diététiste/nutritionniste/conseillère en alimentation
- Conseillère en communication
- Conseillère à l’éducation préscolaire
- Ergothérapeute
- Travailleuse sociale
Prédominance :
- Animateur ou animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire (AVSEC / ADPEC), mixte
- Conseillère et conseiller pédagogique (CP)
- SMTE
- Attachée d’administration
- Agente de gestion financière
Création de catégories d’emploi :
- Comptable
Il est à noter que chaque plainte vise des événements distincts et comporte une finalité qui lui est propre.
Maintien 2015 : en attente d’une décision
En mai 2016, la FPPE et ses syndicats affiliés ont déposé des plaintes concernant le Maintien 2015. Les prétentions ont été soumises aux enquêteurs de la CNESST, qui ont posé plusieurs questions de précision depuis. Aucune information n’est disponible à ce jour quant au moment où la décision sera rendue. Nous vous tiendrons informées dès que nous aurons des nouvelles.
Les catégories visées par les plaintes en 2015 :
Plainte
Évaluation :
- Orthopédagogue
- Psychoéducatrice et psychoéducateur
- Psychologue
Prédominance :
- Animateur ou animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire (AVSEC / ADPEC), mixte
- Conseillère et conseiller pédagogique (CP)
Création de catégories d’emploi (art. 54 et 55 de la Loi sur l’équité salariale) :
- Archiviste
- Comptable
- Thérapeute par l’art
Maintien 2010 : un règlement conclu, mais des suites encore pendantes
En juin 2021, la FPPE et le CT ont réglé l’ensemble des plaintes pour le Maintien 2010. Vous pouvez consulter l’entente ici.
En septembre 2023, la CNESST a rendu une décision concernant les plaintes non réglées du Maintien 2010, notamment sur la question du changement de prédominance pour la catégorie AVSEC/ADPEC (No 1549). Cette décision a des répercussions sur plusieurs plaintes du secteur de l’éducation, de la santé et des services sociaux, qui sont toujours en litige et dont l’issue retardera d’autant le déroulement des maintiens 2015, 2020 et 2025.
L’équité salariale : un droit, pas une faveur
L’objectif premier de la Loi sur l’équité salariale est d’éliminer la discrimination salariale systémique envers les catégories d’emplois à prédominance féminine. Malgré les progrès accomplis, le salaire moyen des femmes demeure inférieur à celui des hommes, même pour un travail égal ou équivalent.
Les délais sont réels. Mais l’engagement, lui, ne fléchit pas. Comme celles qui nous ont précédées, nous continuons de nous lever, génération après génération, pour faire valoir ce droit fondamental. La FPPE, en coordination avec la CSQ, demeurera active et vigilante pour que les droits et recours de ses membres soient pleinement respectés.
L’équité salariale est un droit qui ne se négocie pas. Nous ne reculerons pas.









